1915, chemins de la déportation

2013 - 2016, Œuvres

A l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide arménien, je me suis rendue à Istanbul. Ce monotype est ma contribution au livre né de ces moments partagés avec mon mari, Armand Frangulian-Franjulien et nos amis Gérard Malkassian et Rosine Boyadjian.

Les derniers moments de l’Empire ottoman sont marqués par le chaos, la violence et l’horreur, et traversés de chemins de sang. Les mots terribles des poètes arméniens enserrent et dénoncent ce génocide ainsi que les terribles massacres qui l’ont précédé (1894-1896 et 1909). La Turquie, en cherchant à étouffer l’Evénement, étouffe elle-même…

 

 


1. 2016 / 23 x 43 cm

 

 


2. 2016 23 x 43 cm

 

  1. […] Etranger, vois-tu comment aujourd’hui ces maisons
    Attendent, affaissées et muettes, la première veillée funèbre,
    Où elles pleureront sous la lune, en trempant leurs dépouilles ?
    Leurs toits ils les ont abattus sur la flamme qui brûle au-dedans,
    Leurs portes dociles que le zéphyr lui-même ouvrait de son souffle
    Sont tombées en miettes, sous les coups de la foule, ensanglantée.
    Et maintenant les murs dressent leurs mâchoires édentées
    Et des âmes s’échappent en nuées vers le ciel.
    Sur les champs un tas de cendres, des cadavres jonchent la route,
    Cette route blanche par où la robuste race d’Aram
    Acheminait à dos de mulets jusqu’en Asie
    Les dieux de l’occident, l’idée infinie de l’ Europe ! […]

In Cendres ciliciennes
poème écrit à la suite des massacres de 1909
par Daniel VAROUJAN (1884 – 1915), déporté en avril 1915